Pailladin de l’étranger... Nicolas Jover

Régulièrement, mhscfOOt.com part à la rencontre des anciens du club, partis exercer hors de nos frontières. Aujourd’hui, rencontre hors du commun avec Nicolas Jover, ancien analyste vidéo du MHSC qui est aujourd’hui l’un des adjoints de Pep Guardiola à Manchester City. 

Des tribunes du Stade de La Mosson au banc de touche de Manchester City, son parcours est aussi singulier qu’il force le respect. Mais s’il exerce aujourd’hui Outre-Manche, Nicolas Jover (38 ans) n’oublie pas que c’est à Montpellier, où il est arrivé durant l’été 2009, qu’il a découvert le monde professionnel. « Le club venait de monter en Ligue 1 et, pour ma part, je rentrais de 2 ans à l’université de Sherbrooke au Canada où j’avais commencé à travailler dans le football au sein d’un club amateur après avoir fait mes études en Staps à Montpellier, explique-t-il. Je suis rentré en France pour travailler dans l’analyse vidéo et, après quelques mois de recherche, par l’intermédiaire de Pascal Baills que j’avais croisé durant le passage de mes diplômes et qui m’a mis en contact avec René Girard, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le MHSC. »

A Grammont, cet ancien joueur amateur au RCO Agde, d’un naturel discret et effacé, a créé le premier poste d’analyste vidéo de l’histoire du club montpelliérain. D’abord seul, puis avec son adjoint, Jonathan Llorente (photo) - qui lui a succédé à son départ en 2016 - il a été l’un des hommes de l’ombre du titre de Champion de France du MHSC, en 2012. « Ça reste évidemment mon meilleur souvenir à Montpellier, mais je garde également un souvenir ému de mon premier match, contre le PSG à La Mosson (1-1 en août 2009). Cette égalisation d’Emir Spahić à la dernière minute, à 10 contre 11, reste un super moment, vraiment fort en émotion. »

Au fil des années, Nicolas s’est spécialisé, en plus de l’analyse vidéo ‘’classique’’, dans le domaine des coups de pied arrêtés. Un secteur qui a fait la spécificité de son profil et qui a notamment attiré l’œil de Niko Kovac (alors sélectionneur de la Croatie), qui l’a intégré au staff de la sélection à damiers lors du Mondial 2014 au Brésil. Une première expérience à l’étranger qui en a appelé une autre 2 ans plus tard, lorsqu’à l’été 2016, il a choisi de rejoindre Brentford, club londonien, pensionnaire de D2 anglaise. « J’ai pensé que c’était une très belle opportunité, pour ma femme et moi de vivre à l’étranger, de découvrir le football britannique et aussi, pour mes enfants, d’apprendre une nouvelle langue, explique-t-il. Ça me permettait également de passer sur le terrain puisque je passais d’analyste vidéo à entraîneur adjoint en charge des coups de pied arrêtés. » A Griffin Park, l’antre des ‘’Bees’’ de Brentford (les abeilles, le surnom des joueurs du club), Nicolas Jover a vécu « une aventure formidable aussi bien sur le plan personnel que familial », au cours de laquelle il a pu « mettre à l’épreuve du terrain, les idées et les principes que j’avais défini et de pouvoir mettre en place quelque chose qui ne se faisait pas jusqu’ici. Ça m’a permis de beaucoup évoluer dans ma façon de travailler. En plus, Brentford mise beaucoup sur les jeunes et la post-formation en recrutant dans des pays moins connus comme les pays nordiques ou l’Europe de l’Est. Par conséquent, l’effectif était très cosmopolite ce qui était très enrichissant aussi. »

Puis, l’heure du grand saut est arrivée cet été. Direction Manchester City, multiple champion d’Angleterre : « Quand on est à l’intérieur, c’est vraiment un club très familial. Il y a évidemment beaucoup de monde, beaucoup de préparateurs physiques, de kinés, de personnes qui s’occupent de la nutrition, d’intendants aussi, mais je sens beaucoup de respect et d’entraide. Tout le monde va dans la même direction. » Intégrer le staff de Manchester City, c’est aussi avoir le privilège de côtoyer Pep Guardiola, le mythique entraîneur des SkyBlues – « Je n’ai pas connu non plus énormément d’entraîneurs dans ma carrière, donc c’est difficile de tirer une généralité, mais ce qui marque le plus chez lui, c’est qu’il a quasiment gagné 30 titres et je suis certain qu’il travaille comme au premier jour avec autant d’intensité, de passion et d’énergie. Il n’est vraiment pas rassasié. On sent clairement qu’il veut marquer l’histoire et travaille énormément pour cela. » – et de mesurer l’impact de sa philosophie. « Manchester City n’est pas une association d’individualités mais réellement une équipe. Le jeu que produit cette équipe-là ne serait pas possible autrement et c’est là qu’on voit la patte Guardiola. Les joueurs expriment leurs très grandes qualités individuelles dans un jeu collectif bien huilé; ils servent le collectif et peuvent ensuite y exprimer au mieux leur talent. »

S’il « se régale » en Premier League, au sein d’un championnat où « la qualité des joueurs est impressionnante et l’engouement autour des matchs assez extraordinaire »; de Manchester à Londres en passant par Newcastle ou Brighton, Nicolas Jover garde cependant toujours le MHSC dans un coin de sa tête et de son cœur : « Je suis toujours en contact avec plusieurs personnes du club dont Jonathan Llorente et Antoine Di Fraya, sourit-il. Je n’oublie pas non plus que c’est le Montpellier Hérault SC qui m’a donné ma première opportunité de travailler dans le foot professionnel et j’en suis reconnaissant envers la famille Nicollin. Maintenant, en ayant travaillé dans d’autres clubs, je peux également mesurer à quel point le MHSC est différent des autres, dans le sens positif du terme. Plus le temps passe et plus je me rends compte que ce club-là est unique et je souhaite qu’il garde longtemps cette différence, cette identité forte et cet esprit famille qui font sa force… Mais je n’ai aucun doute là-dessus. »

S’il reconnait ne pas avoir encore pu voir jouer les Montpelliérains cette saison, Nicolas a tout de même une vision très précise du MHSC d’aujourd’hui. « Je lis beaucoup et je sais que cette équipe a de grosses qualités, autant défensivement qu’offensivement. En plus de son talent, cette équipe s’appuie sur une grosse combativité, et tant qu’il y aura cette combativité-là le club aura le minimum requis qui lui permettra de se maintenir et ensuite de viser plus haut, analyse-t-il. Si on additionne cet état d’esprit, le recrutement qui est fantastique depuis plusieurs saisons, l’encadrement, plus les jeunes du cru qui viennent s’intégrer, à l’instar de Joris Chotard qui est la dernière révélation, on a là l’image de La Paillade qu’on aime. » Vendredi soir, quelque part en Angleterre, sur les coups de 22h45, Nicolas Jover allumera son téléphone pour prendre connaissance du résultat du MHSC « Ça fait trois ans que je suis parti mais c’est toujours le premier résultat que je regarde, je sais toujours contre qui vous jouez », conclut-il dans un large sourire. Pailladin un jour, Pailladin toujours, n’est-il pas ?

Tous les articles